Le musée pour tous ?

Les applications mobiles, le musée pour tous?

Avec l’apparition des smartphones, toutes sortes d’applications mobiles fleurissent. Conscients de l’opportunité que cela représente les musées se sont engouffrés dans la brèche.

La logique voudrait que dans un souci de démocratisation de la culture, les institutions développent leurs applications sinon sous différents systèmes d’exploitations, sous le système le plus répandu dans nos téléphones…

Première surprise lorsque l’on s’intéresse au marché des application mobiles, Apple, même s’il est le plus populaire, n’est pas leader sur le marché. C’est en effet Androïd qui s’octroie la plus grosse part de gâteau avec 40% du marché, Apple I OS n’arrive qu’en deuxième position avec 26.6% suivi de près par RIM de Blackberry qui totalise 23.4%. (Etude Comscore, juin 2011)

Pourtant l’étude de “Muséum 2 Go” montre que sur 227 applications développées par des musées sous les systèmes d’exploitations des deux leaders, 191 le sont sous I os contre seulement 36 sous Androïd !!!

Pourquoi une telle différence ? Question de budget ou souci de suivre un effet de mode ?

Applications mobiles : les musées pour tous ?Au vu des chiffres on pourrait presque croire que la marque à la pomme sponsorise les institutions françaises!! En réalité Apple développe une telle campagne de cross média ( Tv, Presse, Web, Affichage, …) Que sa notoriété est énorme ( à tel point que l’on peut croire que c’est le leader du marché). Les musées qui développe une appli’ sous I OS bénéficie donc eux aussi d’une certaine façon de cette publicité massive.

Interviewé par Culture et Communication, Thomas Bijon, Coordinateur des production en ligne de la RMN ( la Réunion des Musées Nationaux) explique “qu’il n’y a pas d’économie d’échelle entre les deux plateformes : produire pour IOS et Androïd va coûter deux fois plus cher que produire pour IOS uniquement.” Avant d’ajouter “que la diversité des supports tournants sous Androïd complique le développement des applications qui leurs sont destinées et donc en augmente les coûts par rapport à un développement IOS.”

Mais il s’agit aussi d’une question de comportement de consommateurs. En effet, les personnes ayant accès au support Apple (iPhone, iPad, …) auront plus tendances à être à l’affut de nouvelles applications, et surtout beaucoup plus enclines à payer ( parfois relativement cher) pour les obtenir. Comportement que l’on ne retrouve pas chez les détenteurs de supports sous systèmes Androïd. Eux, vont avoir plus tendances à chercher des applications pratiques et gratuites ou du moins peu coûteuses.

Les applications offrent donc une solution pour être plus visibles et suivre les modes de “consommation” de l’information (journalistique ou culturelle) actuels. En plus d’avoir de grandes possibilités d’ergonomie et de graphisme, les applications permettent une fois téléchargées d’accéder aux informations qu’elles contiennent même si l’on ne dispose d’aucune connexion internet. Cependant comme nus venons de l’expliquer les coûts de développement sont très important, et il faut pouvoir trouver une visibilité parmi toutes les applications qui existent.

Cependant si les musées souhaitent être présents sur les supports mobiles, il existe d’autres solutions que les applications.

Suivant le même principe que celles-ci il est possible de développer des sites dédiés. Le principe est simple, le support depuis lequel l’internaute se connecte est automatiquement détecté, il est alors redirigé vers le site adapté (tablettes, ordinateurs, smartphones). Si cela permet d’obtenir des délais de téléchargements réduits, cette solution est chronophage et également coûteuse. De plus elle nécessite une intervention sur le site web de l’institution. Ceci est donc à prévoir dès la construction du site web classique, or la plupart des musées ont dores et déjà leur propre site web.

La dernière solution est la moins coûteuse. Un site internet classique peut très bien s’adapter à plusieurs résolutions d’écrans et donc aux différents supports que sont les ordinateurs, tablettes et autres smartphones. L’adaptabilité d’un site internet est très intéressante car elle permet de n’avoir qu’un seul back-office (administration du site) à gérer. Sa mise en place est rapide puisqu’il n’est pas nécessaire de faire de nouveaux développements. Malgré tout, cette solution comporte des désavantages. Le code du site étant le même quelle que soit le support de connexion, les délais de chargement des informations sont parfois longs…

Avoir à choisir entre toutes ces solutions n’est pas chose facile pour les musées qui sont selon Thomas Bijonen phase d’expérimentation”. En effet malgré le développement rapide du marché des smartphones, celui-ci représente aujourd’hui seulement 17.3% du marché des téléphones mobiles. Il faut donc attendre que le marché mûrisse pour pouvoir avoir du recul par rapport à l’utilité et à l’efficience de certaines techniques.

 Guillemette Hosteing

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