Une tablette de maître

L’iPad, tablette tactile sortie en 2010 par la marque américaine Apple, a trouvé sa place dans de nombreux foyers avant de s’introduire en quelques mois dans le milieu professionnel ainsi que les milieux culturels et artistiques.

Cette tablette a su proposer ce qu’un ordinateur ou un téléphone ne pouvait pas offrir. L’ajout d’un écran tactile sur un appareil technologique provoque instantanément une interaction entre la tablette et son utilisateur, ouvrant la porte à une nouvelle forme de créativité. Dernier exemple en date, et pas des moindres, le peintre anglais David Hockney a peint la nature anglaise sur son iPad avant de présenter ses œuvres numériques au Royal Academy of Arts à Londres, haut lieu de l’art britannique. Dans le cas présent, l’interaction se limite au peintre et à sa tablette tactile. Néanmoins, quelques dizaines de musées européens et américains ont compris depuis plus d’un an que l’iPad a sa place dans les musées, mais cette fois-ci du côté du visiteur.

Une tablette tactile peut se rapprocher de l’utilisateur de deux façons différentes. La première, et aussi la plus courante, donne à l’utilisateur un aperçu numérisé de la collection permanente ou temporaire du musée. Citons l’exemple du Design Museum, toujours à Londres, qui a choisi de lancer une application iPad permettant de découvrir 59 des 2500 pièces composant le musée. Chaque pièce fait l’objet de photos en haute définition et d’une description détaillée. Tout cela dans le but de mettre l’eau à la bouche des utilisateurs. Cette façon innovante d’attirer le visiteur n’est pas limitative, les musées peuvent également poursuivre l’expérience interactive au sein même du musée.

Cette deuxième façon d’utiliser l’iPad est tout aussi innovante. La tablette tactile est amenée à remplacer ou à servir de complément aux guides audio proposés depuis déjà bien longtemps. L’iPad apporte une dimension visuelle et interactive à la visite en laissant le visiteur prendre son temps à chaque étape de la visite. Ce dispositif technique sert également d’avancée majeure au service des malentendants, souvent privés de description précise des œuvres. Afin de donner une vision plus détaillée des bijoux appartenant à une exposition temporaire, le musée des arts à Birmingham aux Etats-Unis a mis en place une application mobile pour iPad. Vingt tablettes tactiles sont en prêt et chacun peut également venir avec la sienne. Une fois devant les œuvres, l’iPad se transforme en microscope, façon unique de découvrir ces pièces historiques de façon extrêmement détaillée sans toutefois installer un dispositif technique lourd et peu personnel.

Le musée Smithsonian à Washington a su trouver un moyen encore plus innovant de lier son application iPad à sa collection permanente. L’application s’appelle Leafsnap et invite l’heureux possesseur de la tablette à photographier une feuille d’arbre puis à transférer la photo vers la base de données du musée. Dans la seconde qui suit, l’application renvoie vers l’iPad une multitude d’informations liées à la variété d’arbre dont vient la feuille : nom, origine géographique, longévité, période de fleurissement, …

Ces quelques exemples très concrets donnent un mince aperçu des milliers de possibilités offertes par l’iPad et surtout par les créatifs capables de créer des applications innovantes, pédagogiques et interactives. Une nouvelle façon de voir le musée, n’ayant pas pour but d’éloigner le visiteur du musée comme pourrait le faire un musée virtuel mais plutôt de le rapprocher de l’inépuisable source de culture autrefois confinée dans les murs du musée.

Vincent Poisson

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