« Anywhere, anywhere out of the world »: La carte blanche de Philippe Parreno

philippe_parreno_download   Crâne rasé et barbe légère sur un visage innocent, Philippe Parreno est coupable d’un vent nouveau sur l’art contemporain. Issue du milieu audio visuel, on lui doit le film  « Zidane : a portrait of 21st century », dans lequel 17 caméras sont tournées vers l’icône du football lors de sont dernier match en tant que footballeur professionnel. Mais l’artiste à d’autres flèches à son arc ; sculpteur, dessinateur, écrivain, il se bat sur tous les fronts et donne sa vision unique et poétique de l’art. C’est en décembre dernier qu’il investit le Palais de Tokyo pour y exposer sa carte blanche qu’il nomma « anywhere, anywhere out of the world ».

   « Anywhere, Anywhere out of the world », c’est le nom du célèbre poème de Charles Baudelaire dans lequel ce dernier questionne son âme afin de savoir en quel lieu il pourrait trouver la paix de l’esprit et où celle-ci finit par lui répondre « n’importe où ! Pour vue que ce soit hors de ce monde ». Et c’est bien hors du monde que cette exposition semble se trouver.

   Petrushka envahit le Palais de Tokyo. Mais cet œuvre du pianiste russe Igor Stravinsky n’est pas diffusée par des enceintes, c’est une multitude de pianos à queue éparpillés dans tout le palais qui interprètent cette œuvre de manière synchronisée. L’art se libère à chaque note et les visiteurs déambulent dans ce qui paraît être l’esprit de l’artiste. Par moment, l’oreille se fait dérouter par une sonnerie de téléphone ou un chien qui aboie mais ce ne sont que des bruits s’échappant d’une des œuvres exposées.

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   Ces œuvres, elles sont nombreuses, et rare sont celles qui restent figées. Un estrade accompagné d’enceintes donne l’illusion qu’un homme invisible y exécute une chorégraphie que l’ont pourrait presque suivre du regard, des œuvres cinématographiques diffusées sur des écrans géants leds dont on peut faire le tour ou encore un sous-sol noire surplombé de néons de toutes tailles qui s’éteignent et se rallument au rythme de Petrushka qui est toujours là.

   Philipe Parreno a également profité de cette carte blanche pour consacrer une pièce au travail qu’il a réalisé autour de Zinédine Zidane. Pour la première fois, il offrait en visionnage l’intégralité des rushs des 17 caméras qui furent utilisées pour son film. Comme à son habitude ce n’est pas sans originalité qu’il expose son travail car ce sont 17 écrans qui diffusent simultanément les images des 17 caméras. Quant à leurs dispositions, elles correspondent aux emplacements des caméras au tour du terrain.

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   Cette exposition devient une œuvre unique et complète qui nous parlent de liberté. Petrushka c’est l’histoire d’une marionnette qui devient libre. Ici Philippe Parreno libère le spectateur des dogmes artistiques et médiatiques qui l’emprisonnent. Chaque œuvre est nouvelle selon l’endroit où l’on se trouve, certains vont contempler un écran en s’en rapprochant le plus possible alors que d’autres vont préférer le regarder de plus loin avec les silhouettes en contre jour de ceux qui regardent cet art autrement.

Arthur Guézou

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