Patrimoine en ligne

Au Mexique, la diffusion numérique du patrimoine est difficile à la fois par manque de compétences techniques, mais surtout de volonté de la part des institutions patrimoniales.

Photo: Kornemuz

Musée National d’Anthropologie. Photo: Kornemuz

 Dans le domaine de l’intégration de dispositifs numériques au service de la médiation culturelle, les musées mexicains sont en retard. Les efforts indéniables des institutions publiques du pays pour développer la numérisation et le partage de contenus culturels sur le Web sont mis à mal par de multiples problèmes techniques ou encore légaux.

 Ivonne Lonna Olvera, académicienne du Département d’art de l’Université Ibéro-américaine, explique que pour qu’un programme de visite virtuelle d’un musée soit réussit, le public doit avoir une grande liberté de déplacement, pouvoir s’arrêter quand il le souhaite sur les pièces exposées mais aussi, s’il le souhaite,  télécharger les copies des œuvres en haute résolution. Au Mexique, la réalité est malheureusement bien loin de cet idéal.

 « Quelques musées essaient, ils mettent leur catalogue en ligne mais avec des images de très mauvaise qualité, comme si elles étaient téléchargées via Google image » (El Universal, 2011).

 Un manque de confiance

 Le problème principal? Un manque de confiance des institutions patrimoniales face à ce type de dispositifs. Les catalogues numériques existent pourtant bien, mais il semble que les organismes publics ont peur de la manière dont seront utilisés les contenus publiés. Les sites ne proposent donc que d’offrir des photographies de mauvaise qualité ou des collections incomplètes.

En plus il existe un réel flou sur les limites des droits du public pour l’accès et l’utilisation des œuvres et des informations les concernant. Les interprétations des textes sur les droits d’auteur par rapport à la distribution en ligne de leurs productions posent aussi problème.

 Travail en équipe

 L’effort collectif réalisé par le Musée National d’Anthropologie, le CONACULTA (Conseil National pour la Culture et les Arts), l’INAH (Institut National d’Anthropologie et Histoire) et l’entreprise CANON à partir 2010 montre pourtant que ces problèmes techniques et juridiques ne sont pas insurmontables

 Ainsi, en suivant l’exemple de grands musées comme le Musée Britannique et le Musée du Louvre, un projet pour la numérisation et la mise à disposition des oeuvres sur l’internet à été mis en place. Le coût total s’estime en 1 million 500 mil pesos (80,000 euros).

 Le travail à réaliser est conséquent : trois ans pour la numérisation de 7700 pièces  archéologiques des collections. Puis cinq ans de digitalisation de 120000 oeuvres , et enfin  une dernière étape visant à numériser l’archive national.

 Sur la bonne voie

 Cette initiative est peu de chose face au chemin à parcourir pour les institutions patrimoniales mexicaines, mais elle montre la voie. La CONACULTA a aussi initié le projet « Musées Interactifs » : les collections de dix musées ont été mises en ligne en 2011 et celles de dix autres l’année suivante. Tout cela via des galléries photographiques, des visites en 360º et des passages en réalité augmentée.

 Il reste en tout cas autant de difficultés sur le plan de la numérisation qu’il existe de musées au Mexique, mais il nous est permis d’espérer  qu’un jour l’immense richesse patrimoniale de ce pays brillera enfin sur le plan international.

 Stephanie Zapiain

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