CyArk, ou quand la numérisation 3D rencontre le patrimoine mondial

Lutter contre la dégradation des monuments historiques mondiaux, voilà le but de la fondation américaine CyArk. Grâce à la technologie de la numérisation 3D, CyArk entend répertorier sous la forme d’une bibliothèque virtuelle des sites historiques à travers le monde entier.

Le projet CyArk est né en 2003 à l’initiative de Ben Kacyra, fondateur de l’entreprise américaine Cyra Technologies qui a fabriqué et commercialisé un laser de balayage 3D haute résolution portable. Grâce à ce laser, il a l’idée de numériser des monuments historiques dans le but de préserver une version virtuelle de leur aspect actuel. Comme il le raconte sur le site de l’organisation Ben Kacyra a eu cette idée en 2001 après la destruction totale par les Talibans des Bouddhas de Bamiyan vieux de 1600 ans, en Afghanistan.

Préserver les monuments historiques

La préservation est donc l’objectif premier de ce projet. L’ambition est de garder une trace des monuments historiques avant qu’ils ne soient « ravagés par des catastrophes naturelles, par l’intervention humaine ou encore par l’érosion du temps », précise-t-on sur le site. Dès lors, CyArk est fondé, une organisation à but non lucratif, et débute, en partenariat avec différents organismes s’occupant de la préservation du patrimoine, le dur labeur de numériser des monuments patrimoniaux à travers le monde. Au cœur de ce projet, la notion de « patrimoine en danger » qui doit être conservé sous une forme virtuelle. La Tour de Pise en Italie, Chichen Itza au Mexique ou encore le Mont Rushmore aux Etats Unis font aujourd’hui partie du catalogue numérique de CyArk. En Octobre 2013, Ben Kacyra annonce s’être fixé un objectif de 500 monuments à numériser tout autour du globe.  CyArk fonctionne sur la base de dons, modèle assez répandu aux Etats Unis pour ce qui relève des entreprises à visée culturelle.

Une diffusion  à grande échelle grâce au Net

La technologie de numérisation 3D permet donc une préservation virtuelle des monuments, mais aussi la diffusion à plus grande échelle des endroits numérisés. Le site internet de CyArk héberge une grande bibliothèque virtuelle qui regroupe les différents sites patrimoniaux numérisés à ce jour. On peut visiter virtuellement et gratuitement les différents sites du patrimoine numérisés qui sont agrémentés de commentaires explicatifs sur l’histoire et la structure des sites. De plus, l’organisation met ses archives à dispositions d’écoles ou d’universités afin de diffuser le plus largement possible le travail accompli. Le projet permet donc non seulement une préservation virtuelle à l’aide de la technologie de numérisation 3D mais aussi une diffusion à grande échelle des sites patrimoniaux qui ont fait l’objet du travail de CyArk.

La numérisation 3D vers une nouvelle approche des monuments historiques ?

Le projet CyArk est une des rares entreprises qui a pour  ambition de numériser des monuments historiques du monde entier. Mais les initiatives de numérisation 3D des sites patrimoniaux se multiplient depuis les années 2000. En France, le ministère de la Culture a laissé en 2007, le projet « Monument 3D » qui a pour but également de numériser des monuments historiques français afin de mettre en place un catalogue virtuel des différents sites patrimoniaux du territoire national. Les missions rejoignent celles du projet CyARk, préserver grâce à la numérisation mais également valoriser ce patrimoine, à travers la diffusion mais également l’utilisation de ces travaux pour des projets de musées immersifs par exemple. Au-delà de cette volonté de préserver les monuments historiques, la numérisation 3D offre d’autres perspectives. Le projet « Major Ecclesia », achevé en 2012, a permis de reconstituer entièrement en 3D l’Abbaye de Cluny à partir de ruines de l’édifice religieux. La technologie 3D a encore beaucoup à apporter aux monuments et à la préservation du patrimoine historique.

Aurore Wroblewski

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