les « Fab Lab » donnent le ton à l’innovation

Coworking, open-space, open-source, logiciels libres… tout autant de mots ayant pris une place à part entière dans nos conversations. Mais finalement, c’est quoi aujourd’hui le travail collaboratif ? Comment partager les connaissances à l’ère du numérique? Illustration ici avec les « Fab Lab ».

Citoyens, Citoyennes ! Sachez qu’aujourd’hui, à l’ère du numérique, l’innovation est désormais accessible à tous. De nouveaux ateliers, nommés « Fab Lab », commencent à connaître un succès grandissant. Au sein de ces ateliers, des machines-outils et logiciels libres sont à disposition de tous ceux qui, armé de créativité, souhaitent réaliser, construire, et concrétiser la fabrication d’objets nouveaux. Entre progrès technique et pratiques industrielles de fabrication, à contre-courant de la société de consommation, les fab lab donnent un nouveau souffle à l’innovation.

Un nouveau courant

« Do it yourself, do it with others ». L’esprit des « fab lab » réside dans ces simples mots. Il n’est plus question d’acheter et de consommer, les fab lab ou Fabrication Laboratories , révolutionnent notre comportement face aux objets qui nous entourent. Ce sont des ateliers, où tout le monde peut venir créer, transformer, ou réparer ce qu’il souhaite. C’est un espace collaboratif dans lequel des machines technologiques (imprimantes 3D, découpe vinyle, fraiseuse,…) sont mises à disposition des personnes qui aiment bidouiller, des bricoleurs, des ingénieurs, des étudiants ou des simples curieux qui souhaitent s’adonner à la création technologique. Le premier fab lab a été crée il y a dix ans au Massachusetts Institute of Technology, aux Etats-Unis, par un professeur de physique, Neil Gershenfeld. Depuis, l’événement a pris une grosse ampleur aux Etats-Unis et commence à déferler outre-atlantique. En France, la Ministre en charge de l’économie numérique, Fleur Pellerin, a lancé en 2013 un appel à projet pour la création de fab lab en France dans le but de relancer l’emploi et l’innovation dans l’hexagone.

Un espace communautaire qui mise sur l’open source

En plus d’être un espace de création et d’innovation, les fab lab sont générateurs de lien social. L’entraide est de mise et les compétences de chacun permettent la réalisation de prototypes aboutis. À l’ère des réseaux sociaux et du partage universel, grâce au numérique, ces ateliers de création mélangent pratiques industrielles de fabrication et nouvel esprit communautaire généré par nos sociétés modernes. Tout cela dans un but non lucratif et uniquement de partage de savoir. L’idée est de s’enrichir des connaissances de son prochain afin de s’épanouir dans la réalisation d’un objet déjà existant ou non.

L’exclusivité des fab lab réside également dans le fait que les objets créés sont entièrement en open source. Cela signifie qu’il n’y a aucun droit de propriété. Tout le monde peut s’approprier un projet, le transformer ou l’améliorer à sa manière sans avoir à faire face aux habituels obstacles, aux brevets déposés ou aux droits d’auteur. Le but ici est surtout de permettre un questionnement sur nos usages des technologies. C’est ce que l’association Ping, que nous avons rencontré, essaye de mettre en place, lors des open ateliers du fab lab nantais. C’est de permettre aux gens de se questionner avant tout sur leur démarche, de définir leur projet, de savoir quel usage faire de quel outil, et de pouvoir être guidé et accompagné dans le processus de fabrication de leur objet.

RENCONTRES

C’est en plein quartier de la Création, à Nantes, que s’est ouvert l’un des premiers Fablabs de France. Inauguré en Octobre 2013, nous avons rencontré un membre de l’association Ping, association qui existe depuis dix ans et qui « explore les pratiques numériques et invite à la réappropriation des technologies » et qui à est à l’origine du Fablab nantais.

C’est donc armées de nos parapluies et de nos bottes de cuir que nous avons fait route jusqu’à la Plateforme C, le nom de l’atelier. En bonnes étudiantes nantaises que nous sommes, nous pensions arrivées au lieu de rendez-vous les yeux fermés. Ce fut loin d’être le cas, à notre grande surprise, le hangar 30 fut très difficile à trouver. Rien à voir avec l’ambiance des hangars voisins connus sous le nom fameux de Hangars à Bananes, le hangar 30 fait partie des quelques hangars en amont. Il sont 3, 4, côte à côte, invisibles car pour la plupart, fermés au public. Ces anciens entrepôts sont convertis soit en bureaux d’architectes, de communicants, soit en ateliers de réparation de bateaux. Après avoir fait deux fois le tour, par devant, et par derrière, après avoir ouvert de mauvaises portes, essayer d’en ouvrir une dizaine, toutes fermées, et après deux appels lancé à notre interlocuteur, nous voyons enfin notre galère prendre fin. Une porte rouge, que rien n’indiquait être la bonne, s’est ouverte, avec, à sa gauche, un minuscule logo de la Plateforme C. Nous y voilà enfin. Nous faisons l’agréable rencontre de Cédric Doutriaux, membre et chargé de projet de l’association Ping. Avec gentillesse, il a accepté de se laisser filmer et de répondre à nos questions.

Un tour au sein de l’atelier nous a permis de faire la connaissance d’un jeune homme habitué du Fablab, Baptiste. Baptiste est ingénieur, il a pris une année de congé afin de réaliser un prototype de pilotage automatique de cerf-volant. À la fin de l’année, il reprendra un travail à temps partiel qui lui permettra de finaliser cette invention dont il partage les plans sur Internet, avec d’autres intéressés qui auraient également envie de contribuer à l’amélioration de cette ingénieuse invention.

Florianne VAILLIERE

                                                                                                         Pauline TUAL

Sources :

FING (Fondation Internet Nouvelle Génération )
Libération
Redressement productif
Fablab Nantes
L’express n°3268 « Enquête / Technologies »

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