Les Laboratoires de partages (photos à venir)

Depuis l’explosion du numérique la notion de partage a évoluée. L’omniprésence d’Internet, des services en ligne ou encore des réseaux sociaux amènent à repenser la mise en commun aussi bien virtuellement que réellement.

     La distinction entre ces deux champs d’action s’est effectuée à la fin des années 1990. L’apparition des réseaux sociaux, des jeux de rôle en ligne, massivement multijoueurs (MMORPG), ont permis aux plus jeunes de se sociabiliser et de partager des compétences spécifiques aux champs d’action. Benjamin, ancien joueur de World of Warcraft, nous raconte : « Je jouais avec des personnes que je ne connaissais pas à la base mais qui complétaient mon armée et mes personnages. Au final ce sont mes amis aujourd’hui. » Sorti en 2004, ce jeu d’un nouveau genre a réuni plus de 12 millions de comptes en 2010. Sortes de réseaux sociaux du début du XXIème siècle, les jeux vidéos multijoueurs en ligne rapprochent les personnes ayant un intérêt commun. Dans un registre plus sérieux, le numérique a aussi permis aux hommes de développer et partager leurs connaissances dans toutes les matières et de manière professionnelle. Le datajournalisme en est un exemple.

Le Data Journalisme ; évolution éditoriale

Ce mouvement n’aurait pas été possible sans le partage des données publiques. En effet, depuis la création de data.gouv.fr en Mars 2011, tout citoyen peut avoir accès aux informations publiques telles que la courbe du chômage, des impôts, les budgets de projets et des infrastructures, … Ces informations sont mises en ligne dans le but d’être partagées, enrichies et ré-exploitées de façon innovante.

Concernant trois corps de métiers très distincts, cette technique journalistique a également apporté une nouvelle manière de concevoir l’information et de la diffuser. En associant une analyse et une rédaction d’informations par des journalistes avec une présentation numérique, interactive et graphique originale, on obtient cette nouvelle forme de journalisme dans l’air du temps. L’association de journalistes avec des statisticiens, des informaticiens, des designers peut néanmoins en pâtir sur la qualité de la narration et de l’investigation au profit de l’esthétisme. En effet, puisque les données sont publiques et que le numérique est principalement utilisé pour sa réactivité dans la diffusion, le datajournalisme se doit de mettre à jour régulièrement son contenu une fois sa mise en ligne effectuée. Cette pratique journalistique d’un nouveau genre permet l’accès aux informations de manière plus compréhensible et plus ludique par la majorité de la population. Le datajournalisme entre dans le large domaine d’application médiatique des Laboratoires.

Le terme de Laboratoire (-lab) est très à la mode depuis quelques années. Originaire d’Amérique (Université de Massachuset), le phénomène de “Media Lab” s’est affirmé dans les années 1985 avec des innovations dans les domaines des réseaux et de l’Internet. Aujourd’hui ces différents laboratoires s’exportent à toutes les échelles dans le monde et attirent toutes sortes de populations.

Focus sur le HybLab de Nantes

Mis en place en 2013 à l’initiative du « Laboratoire des médias » Ouest Médialab, le HybLab tient son nom d’un néologisme des termes Hybridation (croisement, mélange) et Laboratoire (lieu dans lequel cohabitent moyens humains et matériels, en vue de procéder à des recherches). Par cette expression, on désigne un atelier consacré au datajournalisme, dans lequel cohabitent des médias locaux et une centaine d’étudiants des écoles Sciencescom, Polytech Nantes et AGR (respectivement écoles de communication, d’informatique et de graphisme).

Un projet qui a pour objectifs de former les médias locaux et les étudiants au data journalisme, de les réunir autour du numérique, et de leur permettre de collaborer et croiser leurs compétences dans diverses thématiques et disciplines. Il s’agit donc principalement de mettre en avant la dimension collaborative des différents acteurs.

Pour son édition 2014, le projet s’étale sur un mois (du 23 janvier au 27 février) et rassemble 95 étudiants et 12 médias locaux autour d’ateliers de co-working. Une douzaine de sujets préalablement élaborés par les médias participants sont proposés, et permettent de rassembler des groupes hybrides d’étudiants. 5 dates et une cinquantaine d’heures de travail par étudiant sont organisées pour aboutir à un projet visuel et informatif, répondant à des thématiques culturelles. La revue We demain propose par exemple cette année un sujet mêlant numérique et culture citoyenne : “Internet est-il vraiment écolo ?”. En réalisant une “facture énergétique du web” au moyen de visualisation et d’analyse de données, les étudiants feront prendre conscience au grand public de l’impact écologique d’internet dans notre société.

En résumé, le HybLab peut donc s’apparenter à un projet de médiation entre professionnels et étudiants de divers horizons qui croisent leurs compétences en vue d’informer sur des thématiques culturelles qui touchent tous les publics.

Le développement des ces laboratoires où réside une hétérogénéité dans les compétences de chacun, permet à une population large de participer. Le phénomène de data-journalisme propose de réunir des corps de métiers qui n’ont pas forcément de lien pour développer une nouvelle manière de travailler “ensemble”. Dans la même optique on voit apparaître aujourd’hui les Fablabs (comprendre laboratoire de fabrication). Comme le data-journalisme, la culture de chacun est optimisée pour créer des produits réels cette fois grâce à la pluridisciplinarité des citoyens.

Elisa PIRONDEAU & Aline POREE

SOURCES :

atelierdunumerique.com
123opendata.com
hyblab.fr

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