Apprendre à jouer, jouer à apprendre.

Les jeux vidéos ne sont pas abrutissants. Ni dépourvus de valeur. Ils ont au contraire toute leur place dans une démarche culturelle. Le problème, c’est qu’une image négative les tiens écartés du monde de l’éducation et de la culture. Le jeu sous toutes ses formes est souvent catalogué au rang de simple divertissement et perçu comme incompatible avec l’apprentissage.

Plus qu’une industrie milliardaire, plus qu’un jouet intéressant pour enfants et adultes, les jeux vidéo permettent l’immersion dans des nouveaux mondes virtuels, mais qui sont habillés de réalité.

Assassin's creed

Assassin’s Creed

Assassin’s Creed, Age of Empires. Deux séries de jeux vidéos emblématiques qui font la part belle à l’Histoire. L’expérience de jeu est différente entre ces deux licences, mais les deux ont fait le pari d’immerger le joueur dans des époques particulières.

Pour que le réalisme soit saisissant, les concepteurs des jeux ont fait appel à des historiens et autres spécialistes afin de recréer le plus fidèlement possible les références patrimoniales et culturelles d’une époque donnée.

Pour Age of Empires par exemple, une véritable attention a été portée aux anachronismes et aux détails. Des unités militaires aux bâtiments présents dans le jeu en passant par les noms des généraux romains, tous les éléments sont le fruit de recherches.

Les joueurs doivent s’approprier des ressources offertes par la géographie du terrain, gérer l’économie, planifier la croissance de leur civilisation et s’engager dans la diplomatie avec d’autres États-nations. Les batailles proposées font écho à des batailles qui se sont réellement déroulées, accompagnées de descriptions qui leur donnent un sens et un contexte.

La série donne au joueur la possibilité de contrôler des civilisations de tous les continents s’étendant de 4000 av JC à nos jours. L’occasion d’aborder des sujets comme l’histoire mongole, les Huns, la Corée, ou les Aztèques. Des pans de l’Histoire qui ne sont que très légèrement abordés dans les programmes scolaires français par exemple. Ce jeu est aussi un puissant moyen d’introduire des concepts complexes tels que le monothéisme ou la monarchie et un atout de taille pour mieux comprendre et aider à relier entre elles les diverses périodes de l’histoire.

Age of Empire

Age of Empire

L’apport culturel de la série des Assassin’s Creed s’effectue dans un autre registre. Des villes entières de l’Italie de la Renaissance ont vu le jour. Florence, Venise, Rome, Monteriggioni, Forli, la Romagne et la Toscane. Elles ont toutes été modelées à partir de références et de documents historiques.

Un travail dantesque que game designers, développeurs, historiens et architectes ont mené main dans la main. Visuellement, ce jeu peut servir de référence à des enseignants. En jouant, on est régulièrement amené à contempler indirectement des exemples frappant de la précision historique du jeu : les entrées de ville, l’aménagement urbain ou encore la topographie de la région. Comme l’explique Alex Hutchinson (creative director d’Assassin’s Creed III) dans un interview pour gameinformer.com : “Ce n’est pas simplement se rendre près d’un monument historique ; c’est vivre un évènement historique”. La Révolution américaine fait office de toile de fond au scénario, ainsi le jeu offre un nouveau moyen de découvrir l’Histoire, et de la vivre.

Ces jeux vidéos ne sont pas les seul, d’autres best sellers comme Civilization, SimCity, Railroad Tycoon, ont montré que les jeux peuvent simuler un environnement social, économique, scientifique et historique. Pour augmenter le réalisme les designers ont basé le fonctionnement des villes et l’évolution des civilisations sur des théories socio-politiques existantes. L’immersion n’est donc pas que visuelle, elle prend aussi place dans le gameplay (mécanique de fonctionnement du jeu).

Les jeux de tirs à la première personne (FPS) ne sont pas en reste. La série Call of Duty axée sur la Seconde guerre mondiale se base sur d’authentiques témoignages et films d’époque. Le jeu propose aussi des missions auxquelles de véritables soldats ont participé[lien http://www.dday-overlord.com/article_jeux_videos.htm%5D. L’aspect cinematographique reflète aussi une vision quasi-documentaire de la guerre,, l’expérience vidéo-ludique s’en trouve alors enrichie et contribue au devoir de mémoire.

Call of Duty Modern Warfare 3

L’apport éducatif et culturel du jeux vidéo ne finit pas lors que le joueur arrête sa partie, il va encore plus loin. Dans beaucoup de cas, bien connaître l’environnement et la période dans laquelle on joue augmente et améliore l’expérience de jeux. Jouer excite la curiosité des gamers et les pousse à chercher des informations ailleurs.

Une grande partie de l’apprentissage se fait aussi grâce à la participation dans les communautés de jeux, lorsque les joueurs partagent leur connaissances.

Hybrides de réalité et fiction, les jeux vidéos sont composés à la fois de caractéristiques propres au divertissement mais aussi de références culturelles, historiques réelles. Jouer immerge le joueur dans un monde virtuel tout en lui présentant des éléments du monde réel, mais sous une autre forme. Même si le jeu vidéo est une médiation culturelle et un outil éducatif potentiel cela ne revient pas à les élever comme solution pour réussir le bac. Ce sont davantage des compléments fiables et divertissants aux cours et aux ouvrages scolaires. C’est aussi très utile pour pouvoir se la jouer au Trivial Pursuit.

Arnaud Douillard & Justine Even