Application mobile: les musées restent frileux.

Les applications mobiles dans le secteur culturel sont un phénomène relativement récent. Difficile d’effectuer un recensement exhaustif. Cependant une étude de l’entreprise Bulkypix esquisse quelques tendances du phénomène au sein d’une institution phare du monde de la culture, le musée. Et pointe les freins au développement de celles-ci.

L’enquête a été réalisée auprès des responsable de communication de cent musées français dépassant les 10 000 visiteurs annuels. En premier lieu, on constate que « les applications mobiles » ont la cote auprès de ces responsables. Puisque 67% des personnes interrogées ont un avis positifs des applications mobiles. Mais en réalité, sur ces 100 musées sondés, 23, seulement, ont investi dans ces applications.

Si très peu de musées sont équipés en application, c’est qu’il existe un certain nombre de frein au développement de celles-ci. Les responsables en communication de ces musée parlent en premier lieu de contrainte financière. Mais évoque aussi une méconnaissance « des décisionnaires » pour ces nouveaux supports. « Souvent gérées par les collectivités territoriales, les décisions de communication sont extérieures à la vie du musée, » estime Perrine Achard, auteur de l’étude. « Cela donne lieu à des visions différentes, voire divergentes. Il est donc difficile d’identifier le décisionnaire en charge de ces types de projets. A noter également qu’un grand nombre de responsables communication ne sont pas utilisateurs de smartphones et ne connaissent donc pas les possibilités et les bénéfices que peuvent en retirer un musée. »

D’autre part, une méfiance perdure, quant à l’efficacité et à l’intérêt de l’investissement dans ces nouvelles applications. Ces structures préférant plutôt miser sur des outils plus traditionnels comme les audio-guides ou les sites internet. D’une manière générale, la communication ne représente pas une part budgétaire importante dans les musées. Or, la réalisation d’une application mobile représente un budget conséquent.

« De plus, ce support étant récent, il bénéficie encore d’une part de doute quant à son efficacité et à l’intérêt de l’investissement qu’il représente. Ces facteurs ne font donc pas des applications une priorité pour les musées, » précise l’auteur. Pour qu’une application soit viable, il faut que les visiteurs du musée soient réceptifs aux supports technologiques. Ils doivent également être nombreux afin d’assurer la rentabilité du projet.

Le développement d’une application coûte cher et nécessite donc un budget de communication conséquent qui doit être amorti par le nombre de téléchargements en ligne. Ces conditions expliquent, en grande partie, la frilosité des musées à s’équiper, aujourd’hui, d’ applications mobile.

Xavier Pennec

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