Des applications au service d’une médiation culturelle moins classique.

Sur le marché des applications mobiles, les secteurs du patrimoine et des musées ont eux-aussi captés le potentiel des technologies mobiles, et les applications au service d’un nouveau tourisme culturel fleurissent sur les différents « stores ». Mais qu’est-ce qui nous est concrètement proposé, pour quels usages et quelle efficacité ? Voici un échantillonnage de ce que nous offre la technologie mobile.

Lancée en 2010, Clutureclic est une application gratuite qui propose une gamme de services assez complète : un guide répertoriant l’actualité culturelle géolocalisée et extraite de l’agenda du Portail de la Culture, une boussole pour repérer les 1350 musées, monuments et institutions culturelles en France, et 850 points d’intérêts comprenant des tableaux, photos et gravures en HD, accessible en réalité augmentée. L’application a également l’ambition de développer à terme un réseau social axé sur la culture.

Une application complète dans le principe, mais qui reste à perfectionner. Selon les utilisateurs, la mise à a jour des informations pourrait être améliorée, comme avec le Centre Beaubourg-Pompidou à Metz, qui n’est toujours pas répertorié, ou des expositions terminées mais toujours présente sur l’appli. Mais le défaut principal de cette application reste qu’elle n’est toujours pas disponible sur Android, malgré des promesses de développement à venir. De même, si l’on veut découvrir les œuvres en réalité augmenté, il faut disposer de l’iPhone 4 ou d’un iPhone 3GS. Et qui plus est, ces œuvres sont essentiellement concentrées sur Paris et quelques villes comprenant Bordeaux, Lyon, Marseille et Avignon.


Pour découvrir et se tenir informé de l’actualité culturelle d’une ville précise, mieux vaut peut-être se tourner vers des applications dédiées à une ville en particulier. Par exemple, avec @bordeaux , l’utilisateur bénéficie d’un agenda exhaustif répertoriant chaque année plus de 3500 évènements culturels ayant lieu dans la ville.


Dans un style moins conventionnel, mais toujours basée sur la géolocalisation et la réalité augmentée, Ma Ville Avant offre une application à la fois originale, divertissante et éducative, en proposant de découvrir en image à quoi ressemblait sa ville dans le passé. L’application notifie l’utilisateur lorsqu’il passe à côté d’un lieu répertorié, celui-ci peut alors jouer avec l’image sur le principe du avant/après, en la superposant au réel et en réglant la transparence. L’image est accompagnée d’un texte à base de commentaires explicatifs et d’anecdotes. Une application ingénieuse, disponible pour les villes de Paris, Nantes, Metz, Barcelone, Montréal, et bientôt Vancouver, et à télécharger en plusieurs langues sur App Store et Google play. Seul bémol : elle n’est pas gratuite !


Pour finir, une dernière application qui s’invite à l’intérieur même du musée. Avec Blinkster , un système de reconnaissance d’image, le Centre Pompidou propose à ses visiteurs de rendre leur visite au musée plus attrayante, tout en approfondissant leur compréhension de l’œuvre et de l’artiste. Le visiteur est invité à photographier l’œuvre qui l’intéresse parmi 2000 pièces exposées, et obtient ainsi des informations sur son écran. Elles prennent la forme de notices explicatives ainsi que de commentaires d’autres mobinautes, car les visiteurs peuvent partager leur expérience sur les réseaux sociaux et alimenter une communauté autour du musée.

On l’aura compris, en se tournant vers les nouvelles technologies mobiles, le champ de la culture cherche à séduire un public plus large. Même si les institutions culturelles n’en sont encore qu’à leur début, avec des services plus ou moins ingénieux et pratiques, l’avenir des ces applications semble prometteur.

Élodie Houssais