Tour du monde des musées 2.0.

Un musée en poche ! C’est un peu l’idée qui fait son chemin dans les institutions culturelles du monde entier. Londres, Sydney, Québec, Pittsburgh ou encore Rotterdam sont des villes qui ont osé dépoussiérer leurs musées en y intégrant les nouvelles technologies numériques dans le processus de médiation. La France, quant à elle, débute frileusement à s’aventurer vers ces nouveaux enjeux. Petit tour du d’horizon de ces expériences…

A l’occasion de l’ouverture de la Modern Galery en 2010, le Museum of London a mis en place une application iPhone utilisant la 3D et permettant de juxtaposer une image d’époque sur un monument de Londres .

La campagne de lancement de l’application Streetmuseum a généré plus de 125 000 téléchargements (l’objectif était de 5 000…). Elle s’est retrouvée à la 19ème place des applications gratuites les plus téléchargées et à la seconde place de la catégorie « lifestyle ». Un succès fou puisque les visites du musée auraient été multiplié par trois.

Le Musée de la Civilisation de Québec a misé sur les nouvelles technologies de la communication en 2009, à l’occasion de l’exposition Copyright Human . Une application iPhone / iPod Touch permettant de suivre la trame narrative de l’exposition lors de la visite. Fort de cette expérience, le musée a lancé l’application gratuite MCQ en 2011, offrant diverses activités tels qu’une balade au musée, un zoom sur les collections, ou des jeux pour les enfants en rapport avec les expositions du moment. Un avant-goût du musée, censé donner envie à l’utilisateur de fouler le sol canadien pour visiter le musée… Par ailleurs, des iPod Touch sont gratuitement prêter à l’entrée. Un risque financier qui a payé puisque le musée a connu une fréquentation remarquable pour la saison 2011-2012 : une hausse de 22,17 %, par rapport à l’an dernier.

En 2010, le Powerhouse Muséum de Sydney a préférer l’iPad pour son exposition sur les sciences écologiques. Huit tablettes in-situ permettant au jeune public de jouer au jeu WaterWork. Une sensibilisation aux difficultés de gérer l’eau dans les grandes villes. Afin de démontrer l’engouement qu’à pu engendrer ce dispositif, le musée a mis en ligne une vidéo permettant d’observer l’affluence de l’événement. Selon les responsables du musée, « ces technologies, qualifiées de « grand public » par le musée seront les prochaines interfaces de médiation ». Ils ne croyaient pas si bien dire… Depuis l’application Powerhouse Museum Walking Tours sur iPhone a été créée.

Le musée Andy Warhol de Pittsburgh en Pennsylvanie a lancé en 2011 l’application mobile The Warhol Art sur AppStore et Android Marketplace. Elle permet aux utilisateur d’étudier, d’analyser et découvrir les collections du musée. Archives, images, films et clips vidéos sont aussi ms en ligne. Un guide enrichi qui permet de préparer, vivre ou continuer la visite. Elle s’inscrit donc dans la continuité. Selon Josh Jeffery, Directeur Web et numérique : « Notre but était d’éclairer beaucoup d’oeuvres célèbres de nos collections en les révélant avec des archives. Par exemple, avec cette application, les visiteurs pourront être debout devant une des peintures de Mao de Warhol et verront une vidéo de Warhol en train de la peindre. Ils pourront en outre écouter les commentaire du conservateur. »

Cette application fait suite à une autre, plus divertissante qui permettait aux utilisateurs de transformer leur photographies en Pop Art (The Warhol DIY Pop app) pour les partager ensuite sur les réseaux sociaux Facebook ou Twitter.

Ce n’est pas un musée mais, l’Institut d’Architecture de Rotterdam aux Pays-Bas a lancé une application du même type en 2010. Elle utilise la réalité augmenté pour faire découvrir les villes d’Amsterdam et de Rotterdam. L’Urban Augmented Reality permet de contempler la ville comme elle l’était avant et comment elle le sera dans le futur. L’UAR utilise les textes, les images, les documents d’archives et les films d’époques pour alimenter l’application. « Voir ce qui n’est pas », c’est ce qui est proposé avec les trois catégorie de l’application : l’avenir, le passé et ce qui aurait pu être. Un projet innovant qui a engendré des démarches proches de celle-ci dans d’autres pays.

Après ce petit tour du monde en cinq appli, il advient maintenant de se questionner sur la situation de la France à ce sujet. Avec un peu de retard les institutions muséales du pays ont progressé et su s’aventurer vers les nouvelles technologies. Cette année, Le Musée d’Art Contemporain de Lyon lance son application iPhone et Androïd sur l’exposition Robert Combas. 1H30 de vidéos ou l’on voit l’artiste en action, des interviews et d’autres vidéos. Un guide de visite, des vidéos bonus et l’agenda de l’exposition sont aussi proposés. Autres déclinaisons : une playlist de l’artiste sur Deezer , un blog de l’exposition, une ImageBattle sur Tumblr et une chasse au trésor sur Geocaching pour obtenir des invitations à l’exposition. Bref, une vraie leçon d’incorporation des nouvelles technologies dans la médiation culturelle en France. Assez rare pour le signaler…

Savoir allier la culture et les nouveaux enjeux technologiques est donc devenu un enjeu majeur dans le monde et la France accuse un léger retard à ce sujet et beaucoup d’efforts restent encore à faire. L’exception culturelle à la française ne se justifie pas toujours…

Corentin Vital

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