Le muséobus magique

Le muséobus est un musée dans un bus. Son voyage ne se fait que dans les frontières belges, où il propose de faire découvrir l’histoire à des populations moins familières avec le monde de l’histoire et de l’exposition.

Du musée au bus il n’y a qu’un pas. Et quelques marches

En Wallonie, on sait vivre sans gouvernement et surtout avec de bonnes idées. Afin d’amener l’histoire au plus grand nombre, qu’elle concerne le pays ou des civilisations lointaines comme l’Égypte antique un « muséobus » s’est mis en place et propose des expositions temporaires et itinérantes. C’est ce qu’on appelle « apporter la culture sur le terrain ». Pour paraphraser le légendaire Lagardère, pas celui qui finance le MuMo mais le personnage du Bossu, « si tu ne vas pas au musée, le musée ira à toi ».

Le muséobus, une innovation récente ? Une vieille idée plutôt. Lancé à la fin des années 90, au moment où le dessin animé du Bus Magique était en pleine vogue et partageait cette philosophie d’aller voir sur le terrain directement, le musée a proposé depuis une dizaine d’expositions temporaires. Chacune dure environ un an et demi. Le matériel est réuni grâce aux prêts d’autres institutions et d’autres musées belges. L’espace scénographique se déploie ensuite dans le semi-remorque, d’une longueur de 20m et d’une largueur, lorsqu’il est en place, de 4,70m maximum.

« Roll bus roll »

A l’intérieur, rien ne distingue le muséobus d’un musée habituel

Les thématiques du muséobus ont beaucoup varié au cours des expositions. Plutôt historiques dans leur majorité, elles reposent ensuite sur des problématiques parfois générales (l’hygiène à travers les âges, actuellement, jusqu’au 12 octobre 2012), parfois très géo-centrées comme « le XVIème siècle dans nos régions ». C’est peut-être alors que le muséobus prend tout son sens. L’exposition évolue au gré de son emplacement et étudie le terrain directement.

Afin de permettre cette variabilité et ce rapport spécifique avec une population, le muséobus se divise en deux parties. Une partie concerne l’exposition permanente. La deuxième sert aux animations, à l’accueil des groupes scolaires par exemple. Pour permettre l’interactivité, la partie animation est équipée en banquettes et surtout en équipements audio-visuels.

Dans ma valise, il y a… un musée

La valise, accessoire indispensable pour la mobilité

Étrangement, le muséobus n’est pas qu’un bus. Une partie des outils employés est mis à libre-disposition des professeurs, en particulier, qui le souhaitent. Il s’agit par exemple des panneaux explicatifs et de quelques reproductions restées en leur possession. De plus, les classes belges peuvent emprunter une des cinq musée-valises, ce qui permet d’étudier avec un matériel adéquat (moulage, jeux, maquette, documentation diverse) une question historique, mais aussi d’aborder la question de la muséographie, en filigrane, par l’appropriation du travail de mise en scène de façon collective.

Amener le musée au bus, c’est s’adapter de la meilleure manière qu’il soit au public scolaire. L’éducation à l’histoire et au travail historique ne sait mieux se faire que sur le terrain, dans l’expérimentation, grâce à ce système belge.

Côme Tessier